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Thème : Comment limiter les importations et augmenter la production locale ?

QUEL PROJET DE DEVELOPPEMENT POUR LA GUADELOUPE

QUEL PROJET DE DEVELOPPEMENT POUR LA GUADELOUPE

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Le sentiment général qui se dégage, tant pour le guadeloupéen de souche que pour le visiteur de passage, est que la Guadeloupe vit aux crochets de la France. Le guadeloupéen ne serait donc pas capable de provoquer et d’accompagner un développement endogène, ce qui lui permettrait d’avoir une meilleure idée de sa capacité de production.

Le constat est le suivant :

- un taux de chômage important,
- une jeunesse mal formée et désœuvrée,
- des salaires trop bas,
- des prix trop élevés par rapport aux salaires,
- un sentiment d’assistanat du à l’importance des transferts sociaux.

D’où l’ampleur de la contestation des mois de février et mars.

Sur le plan social

Population surtout jeune et désœuvrée, composée en majorité de bénéficiaires de RMI et donc de CMU (couverture maladie universelle). C’est avant tout une population fragilisée qui se trouve dans une situation précaire et qui est souvent exploitée, car elle ne demande qu’une chose, c’est de pouvoir travailler dans son pays et de pouvoir vivre du fruit de son travail. Le lien social est donc déliquescent.

Sur le plan économique

Prépondérance du tertiaire due à l’attractivité du statut de fonctionnaire et aux salaires augmentés des 40% de vie chère. Faiblesse de la production industrielle et taux de chômage important dans une société vouée à la surconsommation.

Sur le plan politique

Non domiciliation du pouvoir de décision et décisions politiques et administratives souvent inadaptées et mal comprises de la population.

Il est donc urgent de sortir de cette logique pour emprunter le chemin d’un développement plus en rapport avec les ressources internes et plus tourné vers l’environnement immédiat de la Guadeloupe, la CARAIBE. Il ne s’agit pas de rechercher avant tout l’auto-suffisance alimentaire, mais de chercher à réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Pour y parvenir, certaines zones économiques doivent être analysées et explorées pour une rentabilité plus conforme à la capacité de nos populations, telles le thermalisme, les énergies renouvelables et la transformation agro-alimentaire. Ces nouveaux secteurs ainsi développés, permettraient de mettre en place une politique d’insertion de nos jeunes et de rendre plus concrète les actions de formation mises en place par la REGION.
I - PISTES DE DEVELOPPEMENT

La commission Grands projets structurants sera amenée à faire des propositions concrètes dans le cadre d’un développement endogène, mais il nous semble nécessaire de s’orienter vers trois domaines insuffisamment exploités : le thermalisme, la transformation agro-alimentaire et les énergies renouvelables.

A) – Le thermalisme

Quatre sites pourraient être rentables économiquement et humainement :
- Ravine chaude au Lamentin
- Sofaïa à Sainte-Rose
- Matouba Papaye à Saint-Claude
- Dolé à Gourbeyre

Projets

- Ces sites, dont la réputation locale n’est plus à faire, méritent d’être agrandis, rénovés et créés, de manière à attirer une clientèle en premier lieu caraïbéenne, voire américaine ou éventuellement européenne. Des curistes qui pourraient être séduits par la beauté des sites et la qualité des eaux.
- Création d’un réseau d’hébergement, soit en gites, soit d’établissements hoteliers,
- Création de quelques lits d’hébergement hospitaliers, essentiellement à visée diététique, pour l’éducation des diabétiques. Actuellement, de nombreux diabétiques et obèses partent se faire soigner en France hexagonale. Or l’alimentation en Guadeloupe diffère sensiblement de celle de ces régions et de retour ici, les résultats ont tendance à s’estomper voir à se perdre, car de nombreux conseils diététiques ne peuvent être appliqués à la lettre.

Finalité économique

Le thermalisme permettrait de fidéliser une clientèle, de créer des emplois stables en grande quantité, d’apporter de la richesse et des retombées économiques pour les communes concernées et pour l’ensemble de la population. Cela permettrait de valoriser l’image du pays en modifiant l’image d’un tourisme sous les cocotiers en un tourisme thermal destiné au bien-être et à la santé de la population caraibéenne.

B) - La transformation agro-alimentaire

Nos productions demeurent toujours des productions saisonnières, ce qui fait que, à certaines périodes de l’année, certains fruits et légumes ne sont pas disponibles sur le marché par exemple les cultures vivrières, le fruit à pain, etc…. Aucune technique de conservation n’est mise en place, ce qui a pour conséquence de freiner la production et le développement de ces filières. Des petites unités de transformation peuvent être créatrices d’emplois et de richesses.

C) - Les énergies renouvelables

Nos potentialités ne sont pas suffisamment exploitées. Certes des tentatives ou des expérimentations sont faites dans le solaire, l’éolienne et la géothermie.
Mais si nous recherchons un véritable développement endogène et si la volonté politique existe, nous pouvons encore aller plus loin pour faire disparaître ce sentiment d’assistannat qui plombe notre jeunesse.

II - EDUCATION, FORMATION, ET INSERTION PROFESSIONNELLE
DES JEUNES

Le sort de cette jeunesse doit devenir la priorité de notre société. L’éducation, la formation et l’insertion doivent subir de profondes réformes.

A) – Education des jeunes

Le diagnostic est flagrant. On constate un véritable disfonctionnement de notre système éducatif.
- Actuellement, trop d’enfants arrivent en milieu scolaire en ignorant les règles de la vie sociale et les valeurs morales indispensables pour bien vivre dans la cité.
- Beaucoup de parents ne peuvent pas transmettre des règles qu’ils ne connaissent pas.
- Certains vivent avec leurs enfants pendant un temps trop court pour assurer leur mission éducative.
- Enfin, les contraintes inhérentes à notre société de consommation éloignent souvent les parents du foyer pendant plusieurs heures, et les enfants, livrés à eux-mêmes, font de leurs copains des compagnons privilégiés.

C’est ainsi que l’éducation de notre jeunesse se fait essentiellement à travers les rencontres avec les camarades.

Par ailleurs nombre d’enseignants pensent malheureusement qu’ils ont pour rôle de transmettre uniquement un savoir encyclopédique et négligent leur mission éducative. Ils disent : « Nous sommes payés pour faire cours, il appartient aux parents de transmettre l’éducation et le savoir vivre ». Cette attitude est confortée par l’administration centrale et par le comportement des parents. En effet, le module « Morale professionnelle » qui était contenu dans le programme de formation des maîtres ayant été enlevé, les jeunes enseignants arrivent devant leurs élèves sans aucune formation dans ce domaine et font comme ils peuvent. Enfin, certains réagissent au coup par coup en fonction du lien affectif qui se crée avec le groupe classe.

Pour les parents, les enfants doivent être éduqués, mais ils n’ont pas tous la même vision sur l’éducation. Certains abandonnent volontiers leurs enfants aux enseignants pour qu’ils leur transmettent enseignement et éducation. D’autres ne veulent pas du tout laisser aux enseignants la moindre liberté dans le domaine éducatif. C’est la catégorie des parents qui sont prêts à entrer dans les écoles si les enfants sont réprimandés, ils pensent que les enfants ont toujours raison, que les professeurs sont là pour servir leur progéniture. D’ où le nombre élevé de sortie prématurée du système scolaire (sans diplôme, sans qualification professionnelle).
- Echec post-bac important,
- Violences et incivilités en augmentation,
- Effectif pléthorique des classes voire des Etablissements,
- Désintérêt des Parents pour la chose scolaire.
Quelle solution

Heureusement, il existe encore une majorité de personnes qui disposent encore d’un peu de BON SENS et souhaitent que les pouvoirs publics réintroduisent officiellement l’enseignement des valeurs morales dans nos écoles. Puisque les parents ne peuvent pas ou ne trouvent pas le temps, il appartiendra à l’école d’assurer cette mission éducative. Il ne s’agira pas de faire de la morale de manière occasionnelle, mais d’associer cette matière au programme d’instruction civique pour former des citoyens responsables. Nous avons suffisamment d’exemples, de référents dans bien de domaines sur lesquels appuyer cet enseignement afin de donner le désir de réussir. C’est par l’enseignement des valeurs morales et citoyennes dans les écoles que sera instauré une meilleure communication entre enfants, adultes et parents. Ce sont ces mêmes enfants qui, parents demain, pourront inculquer à leurs enfants les valeurs apprises en milieu scolaire, leur donnant ainsi le sens des responsabilités afin de mieux se conduire dans la cité.

Traitement

●- Quantitatif
Conduire une classe d’âge, soit à une formation professionnelle directe, soit à une formation diplomante permettant de décliner les cursus d’études supérieures
Réduire le nombre d’agressions dans et autour des Etablissements.
Obtenir une plus forte participation des Parents à la vie scolaire.

●- Qualitatif
Relever le niveau particulier et général.
Rétablir l’Ecole dans son rôle de « ciment » de la République.
Rétablir l’Ecole dans son rôle « d’ascenseur social ».

Moyens

● - Pédagogiques
- Renforcer les fondamentaux de tous les niveaux : aucun élève ne devrait franchir les étapes Primaire Collège Lycée sans maîtriser les fondamentaux de chaque Cycle.
- Renforcer l’acquisition des langues pour permettre une meilleure intégration dans notre région caribéenne par l’échange des savoirs et savoir-faire.
- Améliorer l’orientation, en informant et en associant plus directement les Parents (réunions, brochures dédiées….), en informant les élèves dès la 4eme et en les aidant à établir leur POP (projet d’orientation personnalisé) avec leur professeur principal, par la recherche et la découverte de la profession envisagée…), en favorisant les contacts avec les professionnels et les entreprises, en établissant des passerelles permettant à tout moment de modifier son choix, en quelque sorte casser la rigidité des filières.
- Renforcer l’interdisciplinarité, l’échange dans les équipes pédagogiques.
- Assurer un contrôle plus assidu des enseignants et de leur pratique.
- Faire du PPRE (plan personnalisé de réussite éducative) une obligation à la fin de chaque année afin d’assurer soit la consolidation des Acquis, soit la remédiassions.

● - Humains
- augmenter le nombre de personnel éducatif
- augmenter le nombre de personnel d’accompagnement (infirmière, assistante sociale, surveillants…).
- créer dans chaque établissement un poste de « médiateur » pour gérer les conflits entre les jeunes.

● - Matériels
- rénover et sécuriser les Etablissements existants.
- construire de nouveaux Etablissements pour réduire la pression démographique dans les classes.
- améliorer le transport scolaire afin de protéger le temps de sommeil et le temps de travail des jeunes.
- systématiser la restauration scolaire.
- rendre effectif la gratuité scolaire (mise à disposition réelle des manuels, ordinateurs,
- équiper de manière satisfaisante les Etablissements.

● - Organisationnels
- rééquilibrer les Conseils d’Administration en faveur d’un nombre de Parents plus important.
- sanctionner civilement et/ou financièrement les Parents qui abandonnent, manifestement, la scolarité de leurs enfants.
- organiser l’emploi du temps de façon à permettre aux délégués élèves de faire des rencontres avec leurs camarades et des comptes rendus de leur activité.

B) – Formation des jeunes

Du point de vue de la formation, beaucoup d’enfants rencontrent des difficultés dans notre système éducatif. Certaines trouvent leur solution à l’école primaire ou au collège, mais d’autres nécessitent une prise en charge et une orientation vers une formation professionnelle.
Tous les enfants n’ayant pas la même forme d’intelligence, d’où une différence de fonctionnement du cerveau pour arriver à la compréhension.
La mémoire se développe à travers le toucher, les facultés visuelles, auditives et olfactives. Or, notre enseignement privilégie la parole, l’écriture et les schémas. Ces moyens font appel essentiellement aux facultés visuelles et auditives alors que certains enfants arrivent à la compréhension par la mobilisation d’autres aptitudes. Il leur faut travailler sur des supports concrets qu’ils peuvent voir, toucher, et manipuler afin de pouvoir comprendre et mémoriser.
C’est la non prise en compte de cet autre paramètre qui produit les difficultés rencontrées au collège puis au lycée classique et moderne.

La formation professionnelle devrait prendre en charge tous les élèves qui ne peuvent pas réussir dans l’enseignement général dès la fin de la 2è année de collège. Les Certificats d’aptitudes professionnelles devraient être rétablis, car ils répondent à un besoin pour certaines catégories d’élèves qui pourront ainsi acquérir des connaissances dans des domaines les conduisant à une qualification et à une spécialisation. Certes, l’obtention du C.A.P. n’est pas une fin en soi, elle peut être une motivation pour continuer vers un B.E.P et /ou vers le Bac Pro. Ainsi, il n’y aurait plus de « traversée du collège » en attendant l’orientation en fin de classe de 3è.
Le lycée professionnel associera à l’apprentissage d’un métier, l’enseignement de la morale professionnelle qui complétera les acquis de l’éducation morale et civique entreprise aux cycles primaire et élémentaire.
Ainsi, l’adulte en devenir prendra conscience de la nécessité du travail bien fait, de sa valeur et de son implication dans la société, car l’acquisition des savoirs, des règles et des qualités humaines est la pierre angulaire pour la construction d’un monde meilleur.

C) – Insertion des jeunes

Selon une enquête diligentée par l’Association pour Faciliter l’Insertion des Jeunes diplômés (AFIJ) en avril/mai dernier, il en ressort que 38% des jeunes diplômés en 2008 sont encore sans emplois en avril 2009 tous départements confondus. 41% sont des femmes et 32% sont des hommes.
Faciliter l’insertion professionnelle des jeunes dans le contexte de crise actuelle, devient une sinécure pour les pouvoirs publics et pour les entreprises qui subissent de facto, une pression extrême quant à l’offre qu’ils proposent pour faciliter l’accession des jeunes diplômés ou pas au marché de l’emploi. La diminution des embauches et la non linéarité des parcours expliquent-elles à elles seules la situation? Les difficultés rencontrées dans les zones urbaines sensibles et la gravité des conséquences suite aux ruptures scolaires trop prématurées expliquent elles également à elles seules l’oisiveté et le fort taux de chômage qui sont caractéristiques de nos sociétés antillaises? Qu’en est-il de l’éducation prioritaire? Qu’en est-il de la volonté de développer le partenariat avec les branches professionnelles?

Ce qui est sur, à l’heure actuelle, c’est que nos jeunes ne sont plus attirés systématiquement par l’attractivité de PARIS. Ils veulent vivre et travailler au pays.

Il est clairement établi, d’après une récente étude de l’INSEE que les habitants des Zones urbaines sensibles font une entrée plus précoce sur le marché du travail. Il s’agit principalement des jeunes de 15 à 24 ans, car les difficultés que ces derniers rencontrent pour construire efficacement leur parcours d’insertion professionnelle sont souvent de même nature. On pourrait également sans trop cependant s’y attarder, s’interroger plus amplement sur la nécessaire maîtrise des règles de vie en société tant sur des questions de valeurs morales que civiques. Des valeurs qui se véhiculent avec difficultés néanmoins, du fait de parents trop tôt entrés dans “l’âge adulte”, ou trop tôt exclus d’un système scolaire qu’il continuent de manière inconsciente ou pas, par la multiplication d’actes inciviles et souvent répréhensibles, à ne pas en reconnaître les vertus éducationnelles et formatrices.

Ces difficultés sont cependant plus nombreuses à se cumuler, plus profondes, plus massives et ressenties bien souvent comme une fatalité à laquelle il est difficile d’échapper. Elles sont aussi souvent inscrites en préjugés dans le regard que l’on pose sur les quartiers et sur les jeunes qui les habitent, que l’on soit employeur, décideur, intermédiaire du marché du travail, élu, responsable ou simple citoyen.

Les récents évènements sociaux du début de l’année 2009 en Guadeloupe d’une part puis dans l’ensemble des DFA d’autre part, ont permis de pointer du doigt les vertus d’un système dont les nœuds complexes ne permettent pas nécessairement de se défaire d‘une problématique cruciale, à savoir un tissu économique faible et accessoirement basé sur l‘injection massive de fonds publics qui traduisent une forte incapacité à l‘auto financement qui sont d’ordinaire la panacée de toutes entreprises fiables.

Les dernières mesures prises par le chef de l‘état en faveur de l‘insertion des jeunes, si elles peuvent à certains égards être assimilées à des mesures phares, en sont tout autre cependant quand il s‘agit de l‘économie locale. Comment comprendre une théorie axée sur le soutien massif des entreprises en matière de fiscalité quand on connait les caractéristiques, tous secteurs confondus de l’économie locale principalement axée sur une activité de service.
N‘est-ce pas encore une fois favoriser une pratique qui a été maintes fois dénoncée et particulièrement durant les deux premiers mois de l‘année 2009 par une action massive d‘une population excédée.

Il s’agit bien aujourd’hui de dresser un bilan non exhaustif de la situation des jeunes en matière d’insertion et en besoin de formation. Il existe aujourd’hui toute une pléiade de contrats en faveur des jeunes qui vont des contrats d’apprentissage aux contrats de professionnalisation. Mais pour être efficace, encore faut-il que les entreprises jouent le jeu.
Et pour jouer le jeu, encore faut-il que leurs données comptables le permettent. On doit également s’interroger sur la multiplication des mesures fiscales en faveur des entreprises qui se voient encore renforcées par le plan Sarkozy en faveur des jeunes.

Comment comprendre un plan en faveur des jeunes quand seuls sont privilégiés les efforts en direction de la fiscalité des entreprises. Notamment :

- le dispositif « Zéro charge » pour celles qui joueraient le jeu;
- la prime de 1800 €uros pour les entreprises de moins de 50 salariés pour chaque apprenti embauché,
- 1000, 00 € à 2 000, 00 € pour chaque contrat d’apprentissage ou de professionnalisation,
- 3000, 00 € pour chaque stage convertit en CDI…

On est en doit de se poser la question de savoir jusqu’à quand durera cette politique « de la carotte » quand il faut privilégier celle « du bâton » comme il a été si souvent le cas quand il s’agit de traiter les questions de sécurité, de justice, d’enseignement etc.
Ces mesures s’appliquent à toutes entreprises sans distinguo, et ne tiennent pas forcément compte de la situation des plus petites entreprises par rapport aux plus grosses, ni même des secteurs au sein desquels les plus petites subissent la concurrence directe de celles dont les Chiffres d’affaire leurs sont plusieurs fois plus importantes. Pire encore quand le secteur est en situation prioritaire du point de vue de ses caractéristiques sociales.

Une nouvelle orientation de l’économie et du développement est donc indispensable. Des solutions concrètes doivent être recherchées dans le cadre d’un développement endogène pour résorber le chômage plutôt que de nouvelles pistes de formation.

La crise économique qui sévit n’arrange pas forcément les choses et la situation de nombreux jeunes en situation précaire s’accroit de plus en plus.

De nombreuses solutions sont à poindre, par exemple, et compte tenu d’un public mal ciblé:
- réformer par exemple la formation continue en l’ouvrant de plus en plus aux jeunes et les conduire ainsi vers une situation professionnelle plus stable.
- Rendre plus accessible et moins complexe les procédures de VAE, car la Validation des Acquis de L’Expérience permet d’identifier et de certifier les compétences acquises par les jeunes engagés dans un projet associatif. Ce processus de validation est aujourd’hui beaucoup trop complexe, contraignant et surtout payant. Sa simplification, sa généralisation et un nouveau statut de gratuité pour les jeunes générations leur permettraient d’être mieux armés pour s’insérer sur le marché du travail, notamment en cas de développement prochain du service civique.
En France, et c’est encore pire en Guadeloupe, le « taux d’emploi » de nos jeunes est l’un des plus faibles de l’OCDE : il s'élève à 46 % contre 63 % dans l'ensemble des pays de l'OCDE.
Dans un contexte de crise mondiale, proposer aux jeunes d’élever leurs niveaux de qualification afin d’adapter leurs compétences aux besoins du marchés sont des mesures certes louables, mais très dérisoires tant elles font fi des principaux besoins latents d’une population toute entière.
La solution ne réside pas plus dans la multiplication des « écoles de la deuxième chance » si ce n’est encore une fois pour déplacer le problème. En effet, proposer aux jeunes un statut de plus de stagiaire de stagiaire par exemple, est de loin une préoccupation immédiate. Sur un an, la hausse à été de près de 4%. Les jeunes et séniors sont particulièrement touchés avec une hausse de 7,8% et 16,1% sur la même période.

Fait paradoxal, la hausse du taux de chômage est directement liée avec la fin de contrat ou de mission d’intérim, 1ère cause d’inscription identifiée à pôle emploi.
Peut-être faut-il repenser et rendre plus lisible les nombreux dispositifs de la loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 qui a été en outre élaborée en vue de l’amélioration de l’insertion professionnelle et sociale des personnes éloignées de l’emploi aussi bien dans le secteur marchand que non marchand :
CAE DOM (Contrats d’accès à l’Emploi dans les DOM)
Contrat d’Apprentissage;
Contrat de Professionnalisation;
CI-RMA (Contrat d’Insertion – Revenu Minimum d’Activité) ;
CIA (Contrat d’Insertion par l’Activité);
CAE (Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi);
CAV (Contrat d’Avenir);
PIJ (Contrat Jeunes en Entreprise);
CIVIS (Contrat d’Insertion dans la Vie Sociale);
ARA ;
Autant de dispositifs pour masquer au gré des gouvernements qui se succèdent les réelles difficultés liées à l’insertion des jeunes dans un contexte de crise avancée…
A défaut on s’expose une fois de plus à un cuisant échec en matière de traitement du chômage des jeunes et donc vers un nouveau plan de chômage voué à l’échec une fois de plus si le fond du problème n’est pas traité en temps et en heure.

Le projet de développement guadeloupéen doit redonner espoir à une population en détresse et il doit s’appuyer sur des mesures concrètes. Sans dénaturer les liens avec la Mère Patrie, ce développement doit s’intégrer dans l’environnement immédiat. Dans ce cadre, en tant que région ultrapériphérique, la Guadeloupe pourra bénéficier des financements européens. Ce n’est qu’après l’adoption unanime ou majoritaire de ce projet de développement qu’on pourra parler d’orientation politique pour porter ce projet. Car un projet politique n’a jamais été l’élément déterminant du développement économique.