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Thème : Quel travail faut-il accomplir pour réconcilier la mémoire, la culture et l'identité ?

Professeur

Des états généraux pour les Dom ou de la possibilité de promouvoir les intérêts des français d’Outre-Mer, non seulement en Outre-mer mais aussi en France métropolitaine.
Il ne viendrait à l’idée de personne d’évoquer une question parisienne en France métropolitaine ou une question picarde et pourtant on évoque bien volontiers une question noire … Ainsi les domiens français d’Outre-Mer ne peuvent-ils lorsqu’ils sont de couleur et résidant en métropole qu’être intégrés à une immigration d’origine africaine récente dans son ampleur. Ce simple constat est au combien révélateur… Associer la nationalité à la couleur de la peau est un raccourci développé par la plupart des média, des politiques sans que cela ne suscite la moindre infirmation des intellectuels nationaux, qu’ils soient métropolitains ou ultramarins. Ainsi une sorte d’amnésie historique collective particulièrement perverse oblige le domien de couleur en France métropolitaine à s’expliquer sur ses origines et plus particulièrement sur son épiderme qui interpelle encore le français blanc, alors même qu’il est le reflet de l’histoire de France, une histoire commune à l’ensemble des français. Peu importe qu’il porte un patronyme français, qu’il soit partie prenante d’une culture qui est sienne, il est d’emblée considéré comme autre, étranger dans son propre pays et soumis à des problématiques particulières telles que l’intégration, la délinquance, qui laissent songeurs.
Cet état de fait laisse à penser que le travail conduit dans les Dom et en particulier aux Antilles sur l’esclavage et ses conséquences reste sans écho en métropole dans l’imaginaire collectif et symbolique. Or, s’il est nécessaire de conduire les états généraux dans les DOM-TOM, il est tout aussi nécessaire de les conduire aussi en France métropolitaine tant il est vrai que la diaspora dom-tomienne y est importante. Celle-ci est confrontée quotidiennement à l’ignorance tant historique, que géographique et sociologique, d’une France qui oublie sciemment une partie de ses ressortissants. Aucune campagne nationale n’a jamais mis en avant et en images cette diversité ethnique, religieuse, qui habite les DOM-TOM, et qui constitue pourtant une manifestation du vivre ensemble. Il est primordial de rendre visible dans l’hexagone cette richesse humaine qui au-delà des palettes de couleurs de peaux, s’épanouit et se fortifie. Loin de ce souci pédagogique, et loin de profiter de cet atout, de ce vecteur qui aurait permis d’intégrer sereinement les populations d’origine immigrée, c’est au contraire à celle-ci qu’on assimile les français d’Outre-Mer. En effet, la diversité apparaît de plus en plus comme d’origine immigrée et de moins en moins comme d’origine domienne donc française. Ainsi, le monde, politique, des média, des arts se fait l’écho de cette diversité récente en instaurant par là même une seconde discrimination toute aussi cruelle. D'autant que cette situation s'accompagne d'une tolérance médiatique extrêmement préoccupante à l'égard de propos négrophobes pour lesquels leurs auteurs ne sont pas inquiétés ... Il est crucial que cette rencontre puisse dessiner les contours d’une autre voie. "Liberté,égalité, fraternité », peut-on lire sur le fronton des écoles publiques en Outre-Mer comme dans l’hexagone, et pourtant ...
F. Beaugendre-Caillibot