Archives
les etats generauxles themesles temoignagesparticiper a la consultationliens utiles

Thème : Quels projets structurants pour l'avenir de chaque territoire ?

Président

ATTAC-GUYANE

ETATS GENERAUX O.M : Contribution ATTAC-GUYANE

INDUSTRIE MINIERE :

Inscrit administrativement au sein de la riche Europe la particularité du département d’O.M de la Guyane est d'être d'être le seul à offrir une vaste forêt tropicale primaire encore indemne de plus de 80 000km2.
Lors du dernier colloque du Conseil de la Culture de l'Education et de l'Environnement à Cayenne (CCEE :16/19 sept 2008) " POUR DES OUTRE-MERS ACTEURS DE LA BIODIVERSITE", tous les scientifiques, ont reconnu la modestie relative de leurs connaissances par rapport à l'immense potentiel offert, pouvant donner lieu à de nombreuses applications économiques selon les découvertes à venir. Tous ont réclamé en urgence les moyens d'inventorier cette immense richesse afin de mieux la protéger.
Car si 90% de la biodiversité se trouve dans les DOM-TOM, les scientifiques unanimes, déplorent en raison de sa vulnérabilité aux conséquences de l'activité humaine dont le réchauffement climatique, l'extrême rapidité de sa disparition depuis trente ans.
Si rien n'est fait, la Guyane pourrait être transformée en savane d'ici un siècle : http://www.reunion2008.eu (L’U.E et l’O.M : Stratégies face au changement climatique et à la perte de biodiversité. Encadré 6.2/p.140 : Assèchement de la forêt Amazonienne)

Malgré son unicité au sein de l'Europe, ses promesses en matière de découvertes scientifiques et la grave menace qui pése sur le climat, l'Etat français lance un Schéma minier qui va livrer une large partie de la Forêt Primaire Guyanaise à une destruction irrémédiable.
L'industrie minière est une des plus polluantes au monde, elle consomme d'énormes quantités de carburant à émission de gaz à effet de serre : au Canada, cette industrie émet plus de 42 millions de tonnes de CO2-équivalent par année et s’inscrit dans la liste des « grands émetteurs finaux » (Environnement Canada, 2004, 2005).
Le "DRAINAGE ACIDE MINIER" affectant les sites miniers anciens, plusieurs années après la fin d'activité de la mine industrielle et le traitement n'étant pas maîtrisé, les nappes phréatiques, sources d'eau potable donc de VIE sont menacées à terme.

Nous n'acceptons pas sur fonds publics l'attribution de subventions type "loi GIRARDIN" au bénéfice de l'activité minière. Il faut mettre un terme au cycle : « bénéfices privés, déficit public » .
Sur le plan éthique, nous ne pouvons accepter l’idée que la Guyane accueille sur son territoire des multinationales dont la fortune s’est établie sur la souffrance de l’humain et la pollution.
IAMGOLD dont les exactions sont dénoncées dans « L’OR Africain » de G.Labarthe,
NEWMONT nominé « Oscar de la HONTE 2009 » par The Public Eye Awards n’ont pas leur place en Guyane.
Question de morale et de solidarité avec nos frères du Mali ou du Ghana, mais aussi du Pérou et d’Indonésie.

Le GIEC s'accorde à dire que nous avons moins de 10 ans pour changer de comportement et éviter le dépassement de 2° de la température de la planète, ce qui aurait des conséquences irréversibles sur le sort de l'humanité.

Nous demandons un MORATOIRE sur l'exploitation minière jusqu'à ce que la certitude soit donnée que l'humanité maîtrise la régulation du climat de la planète. On peut se passer de métal-OR, pas de température pérenne.
Attendre des autres qu'ils changent de comportement à notre place serait suicidaire.
A cet effet la solidarité devra jouer pleinement pour dégager les fonds nécessaires au recyclage des personnels actuellement employés dans l’orpaillage.

Par contre la Guyane, la France et l'Europe répondant aux demandes des scientifiques doivent fournir un effort considérable dans le domaine de la protection et de la recherche de la biodiversité.
Nous devons exploiter la ressource carbone offerte par notre forêt.
Nous devons également mettre en place une politique ambitieuse des métiers liés à l'exploitation pérenne et respectueuse de l'environnement du bois et de la forêt :

- RECHERCHE CONNAISSANCE ENSEIGNEMENT : Chimiste du bois, pédologue, hydrologue, géologue, géomorphologue, météorologue, écologue, zoologue, ethologue, botaniste, biologiste biochimiste, cartographe, informaticien, statisticien, modélisateur, documentaliste, chargé de communication, technicien de recherche, gestionnaire de station

- TRANSFORMATION DES PRODUITS FORESTIERS : Transporteur, bûcheron, débardeur, chef de produit bois, conducteur de machine-outil, scieur-affûteur, chef de projet, désigneur, métreur, agent marketing, commercial, menuisier, charpentier, tourneur, ébéniste, restaurateur, construction fluviale, charbonnier, distillateur, papetier, tonnelier, sculpteur, artisan d'art

- GESTION DES ESPACES NATURELS : Prospecteur, ouvrier forestier, grimpeur-élagueur, agent technique forestier, technicien forestier, ingénieur de travaux, ingénieur du GREF, expert forestier, technicien environnement, conservateur, pépiniériste, ingénieur horticole, paysagiste

- FONCTION SOCIALE DE LA FORET : Accompagnateur, guide forêt, piroguier, animateur nature, gérant de camp touristique, agent de voyage, juriste en Droit de l'environnement, sociologue, ethnologue, ethno-botaniste, architecte, urbaniste, paysagiste, ingénieur en environnement, ingénieur en structure bois, apiculteur, chasseur, pêcheur

Nous devons également apprendre la forêt aux enfants de Guyane par la généralisation de classes vertes comme il y a des classes neige en métropole et favoriser le tourisme vert en direction de la population de Guyanaise.

Nous pensons que des "ambassades-Guyane" sous l'égide des collectivités locales et de l'Etat, devraient s'ouvrir dans chaque capitale des 26 pays membres de l'Europe afin de prospecter tous les niveaux industriels, culturels, scientifiques ou touristiques, afin de présenter le potentiel unique de notre pays et découvrir les partenariats possible pour une exploitation raisonnée de notre forêt, dans un esprit de développement durable, de coopération et de bénéfices partagés.

Nous pensons enfin que le développement économique de la Guyane doit se faire : . par le biais de l'agro-foresterie et de différentes formes d'élevage pour maitriser davantage notre indépendance alimentaire,
. par une approche différente de la pêche, plus respectueuse des peuplements,
. par le développement de toutes les applications concernant les économies d'énergie
. par la mise en valeur de notre diversité culturelle, nos savoirs traditionnels, notre artisanat.

Contre l’orpaillage clandestin nous demandons qu’une volonté politique s’exprime plus radicalement. La solution sera POLITIQUE entre pays voisins aux plus hauts niveaux ou ne sera pas.

CHANGEMENT STATUTAIRE :

Nous demandons à ce qu’un contre- pouvoir fort et indépendant soit prévu et installé en cas de changement statutaire.

P.MONIER
Pdt ATTAC GUYANE