Archives
les etats generauxles themesles temoignagesparticiper a la consultationliens utiles

Thème : Quel travail faut-il accomplir pour réconcilier la mémoire, la culture et l'identité ?

Distinguer culture et mémoire de l'esclavage

Il semble de bon ton d’avoir des problèmes identitaires et je me sens quelque peu ringarde, n’ayant pas de questionnement particulier dans ce domaine.
Je suis guadeloupéenne, issue d’une « blanche pays » orpheline et désargentée et d’un descendant d’esclave dont je n’ai jamais cherché à déterminer la couleur. Nous sommes bien entendu une fratrie multicolore avec des cheveux allant du lisse au crépus en passant par le frisé, sans déchirements identitaires. J’ai pensé très tôt que je n’étais pas d’origine gauloise et les questions de race n’ont pas constitué de problèmes dans mon enfance et dans ma famille.
Je suis très à l’aise avec ma culture franco-antillaise et je pense que j’ai de la chance de ressentir cette harmonie en moi.
Je regrette que certains psychologues, sociologues, historiens, intellectuels ne soulignent pas la richesse que peut constituer notre métissage culturel et incitent davantage à l’ancrage dans le passé et au « grattage de bobo » qu’à la capitalisation de cette douloureuse histoire en vue de lendemains apaisés.
Notre rapport négatif au travail, la confusion chez certains entre service et servitude sont expliqués et justifiés par notre passé d’esclaves par des «…ogues » qui parlent bien et beaucoup car ils savent que nous aimons les gens qui parlent bien. Je souhaiterais qu’ils rajoutent à leurs brillants exposés que ces postures ne sont plus justifiées aujourd’hui car si nous sommes descendants d’esclaves, nous n’avons pas connu nous même l’esclavage, nous ne sommes pas esclaves, nous sommes acteurs de notre devenir.
Je ne trouve pas que ce soit une bonne chose de tout excuser au nom de l’esclavage. Nous ne sommes pas des victimes à perpétuité et on ne nous doit pas réparation à perpétuité.

La culture ne me semble pas devoir être essentiellement centrée sur la mémoire de l'esclavage et je regrette l’aspect ghetto des spectacles et productions actuelles, étant curieuse de ce qui se passe dans le monde car je ne voyage pas beaucoup. Mais peut être est-ce une étape nécessaire qui nous amènera à nous intéresser aux autres.
Trop de commémorations ! On ressasse, on rabâche, on réveille de vieilles blessures. C’est exagéré. On finit par vivre dans le passé. J’en ai un peu marre.