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Thème : Comment faire baisser les prix ?

contribution UFC Que Choisir Reunon

UFC QUE CHOISIR Ile de la Réunion
41 rue des jacques
97480 Saint-Joseph

L’UFC que choisir participe aux états généraux de l’Outre Mer et souhaite apporter un certain nombre de remarques concernant la formation des prix Outre Mer.
Tout d’abord les enquêtes que nous avons pu mener dans l’alimentaire montrent que les prix peuvent atteindre ici un niveau qui va de 50 à 70% plus cher qu’en métropole. Ce niveau de prix très élevé se retrouve dans tous les secteurs de la consommation ou de la vie courante. C’est vrai pour les carburants, les matériaux de construction, la santé et la pharmacie en particulier, les services, et même la production locale qui s’aligne sur les produits entrants.
Des efforts ont été tentés à la suite des actions du COSPAR, on en a vu bien vite les limites, les commerçants sachant très vite se rattraper par ailleurs.

1- Il FAUT UNE REELLE TRANSPARENCE DANS LA FORMATION DES PRIX :
Un outil de travail intéressant a été mis en place, mais l’observatoire des prix n’a pas pu se rendre efficace car n’ayant aucun pouvoir d’investigation ; Cet observatoire a du se contenter des explications que les entreprises ont bien voulu lui communiquer sans pouvoir en vérifier la validité.
Il ne peut pas non plus lancer des préconisations et encore moins les suivre.
L’UFC Que Choisir Ile de la Réunion demande donc que cet organisme soit réactivé et muni d’un réel pouvoir d’agir.

Les consommateurs ont tendance à s’en prendre au dernier maillon de la chaine, la grande surface, la boutique, mais le prix final, celui effectivement appréhendé est la somme de plus values ajoutées les unes aux autres. Or un brouillard épais est maintenu sur les cheminements du produit depuis la production jusqu'au panier de la ménagère.
C’est pour cela qu’il parait nécessaire de prendre des mesures visant à connaitre les différents points de passage d’un produit ainsi que l’augmentation de son coût au fur et à mesure. On peut se demander si en cours de route le produit ne subit pas des augmentations successives par le simple passage semi virtuel d’une société à une autre.
On a vu l’exemple avec les carburants dont on a pu connaitre la progression des coûts exclusivement sur la partie réunionnaise du cheminement. Il ne nous a pas été possible de savoir ce qui se passait à Singapour au niveau des raffineries et de l’achat. Il a fallu se contenter de vagues explications des pétroliers qui n’ont convaincu personne.

Il parait donc nécessaire d’avoir un suivi (une traçabilité) du produit un peu comme cela été fait pour la viande. Ce circuit devrait pouvoir être consultable par tous.

2- UNE BAISSE DES TAXES :
L’observation des prix montre, en général, un prix élevé que l’on impute aux sociétés de distribution et intermédiaires. Mais si on y regarde de plus près, on s’aperçoit vite qu’il y a un acteur qui se sert copieusement : le fisc ! La taxation constitue le plus haut niveau de marge sur un produit. On se dédouane facilement en expliquant que la taxation est pour le bien de tous ! Seulement on ne peut pas demander aux uns de gérer au plus près , de revoir les marges, de faire baisser les prix d’achat et d’un autre coté ne rien faire pour réduire les dépenses et économiser l’argent public (exemple maison des civilisations, projets démesurés, emplois dans les mairies de gens à qui, on ne sait pas donner du travail alors que parallèlement des projets n’avancent pas,…)
La taxation par l’octroi de mer des produits sur le prix arrivé sur l’île (produit + transport+débarquement) accroit aussi dangereusement le prix final. Il faut taxer sur le prix HT de l’objet au départ.

3- UNE REELE MISE EN CONCURRENCE
Il faut mettre un terme aux situations monopolistiques que l’on trouve dans tous les domaines, comme la gestion des intrants agricoles, le stockage du pétrole, les grossistes en tous genres, chaque fois que cela est possible. Sinon , il faut trouver une parade en mettant en place, par exemple, des mesures compensatoires.
Il faut remarquer tout particulièrement la situation exceptionnelle des opérateurs de téléphonie qui maintiennent des prix très élevés malgré la promesse du Président de la République de faire baisser ces prix.
La tarification à la seconde des communications téléphoniques des GSM...promise toujours pas effective....

4- BAISSER LES COUTS DU TRANSPORT AIR ET MER
Encore une fois le prix des « taxes » sur les billets d’avion est tel que bientôt il va atteindre un niveau équivalent à celui du billet (déjà un billet d’avion vendu 400 euros se retrouve à 700 euros avec les taxes).L’ouverture du ciel à une VRAIE concurrence aiderait à la baisse des tarifs.

LA DGCCRF à déposé une plainte concernant le problème de la surfacturation (par le biais d’une entente entre pétroliers) du prix du kérosène aux compagnies aériennes.
Un appel est en cours. L’UFC estime que les passagers ont été lésés dans cette affaire et qu’il doit y avoir redistribution d’une partie des sommes qui vont être versées aux compagnies, vers les passagers qui ont payé trop cher, sous des formes qui resteraient à définir.

5- REDUIRE LES COUTS DES INFRASTRUCTURES PORTUAIRES ET AEROPORTUAIRES
Alors que les compagnies aériennes refusent de payer une nouvelle augmentation des charges aéroportuaires, elles n’hésitent pas à solliciter l’administration, donc le contribuable, pour que des dépenses énormes soient engagées pour agrandir la piste au seul motif qu’elles ont décidé d’acheter un très gros porteur ! Q0uel sera le retour sur investissement pour le contribuable ?

6- METTRE FIN A L’EFFET CLIQUET :
Quand une hausse des matières premières intervient les prix montent, mais si, ensuite, une baisse intervient le prix final reste inchangé.
Cet effet cliquet est bien entendu constaté également sur les taxes !

7- AU LIEU DE REDUIRE LES SERVICES DE LA DDCCRF , IL FAUT AU CONTRAIRE, ACCROITRE LEUR POUVOIR DE CONTROLE ET D INTERVENTION
Les prix sont libres, mais pour que cette liberté joue pleinement son rôle , il faut impérativement des organismes de contrôle et de régulation avec pouvoir de sanctionner si les sociétés ne jouent pas le jeu.
Il faut encadrer plus sérieusement la publicité qui déborde largement du cadre normal ainsi que les pratiques commerciales dont l’objectif est d’induire en erreur le consommateur , sans omettre le problème des crédits révolvings.
Ainsi, par exemple, un hypermarché fait payer plus cher les articles vendus en pack. C’est le cas de l'eau en bouteille Contrex moins chère achetée à l'unité que par pack de 6 bouteilles. La Direction avisée par nos soins de cet incident indique qu'il n'y a pas d'erreur, que le surcoût vient du prix de l'emballage et du conditionnement en pack ... Ceci montre l’exploitation de la faiblesse du consommateur qui croit payer moins cher en achetant un plus grand nombre.
Ceci amène alors le problème du suremballage qui peut effectivement accroitre considérablement le prix de l’article. E effet l’emballage coûte parfois plus cher que l’article lui-même. Ce suremballage est cher, il s’ajoute au prix de l’article, induit des nuisances écologiques souvent pour sa fabrication, représente un véritable danger pour l’ouvrir (blisters) et une dépense considérable pour le contribuable à la fin pour éliminer le déchet.
Donc la réduction des suremballages devrait se traduire par une baisse des prix à la vente

Les tarifs bancaires en général , les surcoûts des produits pharmaceutiques, des actes notariés, liés à des pratiques apparentables aux sur-rémunérations devraient faire l’objet d’une attention plus soutenue des pouvoirs publics.

8- DONNER AUX ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS AGREES LES MOYENS DE POUVOIR FONCTIONNER AFIN QU ELLES CONSTITUENT UN REEL MOYEN DE PRESSION
Elles ont un rôle nécessaire de formation et d’information à assumer auprès des réunionnais. Malheureusement elles vivent des cotisations relativement faibles de leurs adhérents et sont les parents pauvres des mannes distribuées à beaucoup d’associations moins impliquées dans ces démarches citoyennes.

9– PERMETTRE L’ACTION DE GROUPE AUPRES DE LA JUSTICE

10 REMPLACER L’IMPOSITION SUR LES BENEFICES PAR UNE IMPOSITION SUR LA MARGE :
Une société qui aura un coefficient de marge faible sera imposée faiblement, à l’inverse une grosse marge entrainera une imposition conséquente . ce système pourrait à terme entrainer une baisse des prix .

11 VENTE A DISTANCE:

Depuis longtemps déjà: une discrimination envers les clients de l'île de La Réunion est pratiquée en ce qui concerne la vente à distance (via internet ou toute commande à distance)!, car un article acheté TTC en métropole est surtaxé à l’arrivée. Nous sommes dans l’espace Shengen et ne devrions pas avoir a passer par la douane. Sommes-nous bien un département Français?