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Thème : Quelle relation faut-il développer avec les voisins de chaque territoire d'Outre-Mer ?

accueil des demandeurs d'asile

La plate-forme d'accueil et d'orientation des demandeurs d'asile et réfugiés souhaite établir deux constats concernant l’accueil des demandeurs d’asile :

Nécessité de la proximité des instances de décision concernant la demande d’asile : l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) et la CNDA (Cour Nationale du Droit d’Asile)

La demande d’asile est une procédure longue et complexe, qui nécessite un suivi très poussé et rigoureux des délais et démarches. Puisqu’elle a pour objet d’accorder le droit d’asile à des personnes qui craignent des persécutions dans leur pays, la demande d’asile doit être soigneusement examinée, et le demandeur doit être mis en position d’expliquer sa situation devant la personne même qui devra statuer sur cette demande. De même, eu égard à la précarité de la situation dans laquelle se trouvent ces personnes pendant le temps d’examen, il convient de limiter au maximum la durée de la procédure.

Pour ces raisons, il est impératif que l’OFPRA et la CNDA soient présents aux côtés des demandeurs d’asile. L’OFPRA se rend régulièrement en Guyane (mensuellement ou bimestriellement) pour entendre les demandeurs d’asile guyanais, et nous ne pouvons que souligner la pertinence et la nécessité de ces venues régulières.

Quant à la CNDA, nous remarquons des avancées considérables, puisque depuis 2007, la Cour s’est déplacée deux fois en Guyane. Cependant, des déplacements plus fréquents seraient nécessaires, afin de réduire encore le temps d’attente des demandeurs d’asile.

Une proximité géographique et des liens soutenus entre les institutions et les demandeurs d’asile permettra également de mieux comprendre toutes les difficultés de la demande d’asile liées à la spécificité guyanaise (délai d’acheminement des courriers, fonctionnement de la justice et des institutions, situation sanitaire et sociale, absence de possibilité de déplacement hors du département, etc. qui sont autant de facteurs qui expliquent qu’une mission de la Cour en Guyane ne peut se dérouler de la même manière qu’en métropole).

Grande précarité des conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

En Guyane n’existent pas de CADA (Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile, c’est-à-dire un centre d’hébergement), encore moins de CPH (Centre Provisoire d’Hébergement, pour les réfugiés) ou d’AUDA (Accueil d’Urgence des Demandeurs d’Asile). Pourtant le nombre de demandeurs d’asile en Guyane rapporté au nombre d’habitants (22 pour 10 000 habitants) est largement supérieur à ce même nombre pour les régions Ile de France (15.6 pour 10 000 habitants) et Rhône-Alpes (8.3 pour 10 000 habitants).

Les demandeurs d’asile n’ont donc accès à aucune structure d’accueil, et doivent trouver des solutions par eux-mêmes. N’ayant pas le droit de travailler, ils sont tributaires dans le meilleur des cas d’une allocation de 300€ par mois. Avec cette somme, le seul « logement » qu’ils peuvent éventuellement payer est une chambre la plupart du temps insalubre chez un marchand de sommeil. Ceux qui ne peuvent payer se retrouvent dans la rue, ou en squat, dans des conditions très précaires (absence d’eau et d’électricité, menace d’expulsion, etc.). Par ailleurs, la période d’attente avant de recevoir l’allocation de 300€ est très longue. Pour des personnes et des familles déracinées, ayant du fuir en urgence un pays, une situation, une famille, et se retrouvant sans réseau en Guyane, les moyens alimentaires manquent cruellement, les associations ne sont pas armées pour répondre à ce flot de demandes, et les demandeurs d’asile se retrouvent le plus souvent le ventre vide. Il est urgent de palier à cette insuffisance alimentaire.

En définitive, nous remercions les efforts entrepris pour permettre les venues régulières des instances décisionnaires (OFPRA et CNDA) et encourageons l’intensification des liens entre elles et les demandeurs guyanais. Par ailleurs, nous demandons une amélioration des conditions d’accueil des demandeurs d’asile, par la création de structures adaptées à leurs besoins, et notamment la mise en place de solutions répondant aux besoins alimentaires, qui restent l’urgence absolue.

Plate-forme d'accueil et d'orientation des demandeurs d'asile et réfugiés
Arbre Fromager
La Cimade
Ligue des Droits de l’Homme
Médecins du Monde
Secours Catholique